0962625/05/1977POITIERS
Pas de défilé, pas de banderole, pas de slogan percutant. Et pourtant la participation de Force Ouvrière à la grève du 24 mai a donné au mouvement d’hier une tout autre audience. Car pour la première fois depuis treize ans (si l’on excepte le cas particulier de 1968), FO avait appelé ses adhérents à une journée de grève nationale. Si le syndicat de M. Bergeron n’a pas participé à l’imposant défilé organisé par les autres syndicats à Poitiers, il a malgré tout voulu marquer cette journée d’action, par un meeting qui s’est déroulé en présence de plusieurs centaines de personnes à la Maison du Peuple.
En ouvrant la séance au nom de l’Union départementale, M. Sautel rappela les grands principes de FO, notamment l’indépendance du mouvement syndical à l’égard des partis et de l’État, et la liberté de négociation. « Cette liberté, nous voulons la défendre, et c’est pour cela que nous sommes là, réunis », précisa l’orateur. Et de poursuivre : « La mise en hibernation des négociations conventionnelles, enfermées dans un plan de redressement économique trop amer pour certains et trop doux pour d’autres, ne pouvait que conduire au mécontentement général qu’il s’agisse du secteur public ou du secteur privé ».
Prenant ensuite la parole au nom du secteur privé, Jean-Louis Bloin dénonça à son tour la politique actuelle du gouvernement et des patrons et en particulier la pratique des contrats qui n’assurent aucune sécurité aux employés, le cumul abusif retraite-salaire et les insuffisances des mesures en faveur du travail manuel...
Enfin, au nom du cartel FO de la fonction publique, Richard Kurzenski insista sur le fait que son syndicat n’est pas apolitique : « Les positions que nous prenons sont politiques », précisa-t-il avant de s’en prendre à l’État « qui veut tout imposer ». Et de conclure : « Tous les acquis de dix ans de politique contractuelle risquent de disparaitre ».
le 15/05/2023 à 17:49
Source : Centre Presse
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